Grève du 23 septembre 2010 : un cran au-dessus
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- Créé le mardi 21 septembre 2010 08:20
- Publié le mardi 21 septembre 2010 06:20
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L’issue de la bataille des retraites se joue maintenant dans la rue. Elle s’est imposée par une mobilisation sans précédent parce que les salariés ont compris que le gouvernement ment et prépare une réforme catastrophique sauf pour la poignée de nantis qui tiennent les clés de la richesse et du pouvoir.
Le Premier Ministre a fini par l’avouer : faire travailler davantage a pour but de supprimer l’idée même que les travailleurs pourraient avoir une tranche de vie libre. Il fait ainsi coup double : moins de pensions à verser et plus de profits pour les actionnaires qui applaudissent la réforme.
La baisse du temps de travail sur l’ensemble de la vie est le meilleur moyen de répartir équitablement les gains de productivité. Les réformes de 1993 et de 2003 fondées sur l’allongement de la durée de cotisation et la modification des règles de calcul, ont entrainé une baisse de 20 % des pensions. La réforme en cours provoquerait une baisse supplémentaire comparable.
L’augmentation considérable du déficit des régimes de retraite (2,2 milliards en 2006 et 32,2 en 2010) est due en totalité à la crise du capitalisme. Elle n’est pas due à l’allongement de l’espérance de vie. Celle-ci est parfaitement assimilable si les cotisations sociales progressent au rythme des besoins. Le gouvernement et le patronat ne veulent pas en entendre parler parce que cela signifierait de prélever sur les profits financiers qui ont explosé depuis trente ans au même rythme que la dégradation des salaires et de l’emploi.
La réforme du gouvernement est plus qu’injuste, elle est insoutenable. Elle condamne les femmes à ne jamais atteindre la durée de cotisation exigée et à les faire attendre 67 ans pour obtenir une pension écrasée par la précarité de leur carrière et de leur salaire.
Elle condamne les jeunes entrant tardivement dans l’emploi à courir après 41, voire 42 ans de cotisation. Elle condamne hommes et femmes ayant commencé à travailler avant 18 ans à cotiser deux ans de plus. Elle condamne enfin les victimes de travaux pénibles à mourir plus tôt parce que le Medef a refusé que la notion de métier pénible soit inscrite dans la loi.
De nombreux jeunes pensent aujourd'hui qu'ils n'auront aucun droit à la retraite. C'est bien l'objectif de cette réforme : les obliger à se tourner dès maintenant vers des formes d’épargne par capitalisation et en finir avec la solidarité. Mais la retraite des jeunes sera fonction de la richesse qui sera produite dans l’avenir et de la manière dont elle sera répartie.
Plus la mobilisation sociale s’étend, plus le gouvernement s’arc-boute. C’est presque un bon signe. Il a désigné lui-même ce qu’il considère comme les « fondamentaux » de sa réforme : le recul des âges de la retraite. Pour les salariés et l’ensemble de la population, c’est la même chose. La retraite à 60 ans est un choix social, un droit fondamental : ne pas perdre sa vie à mal la gagner et bénéficier d’un temps de vie hors de la contrainte du travail subi.
Le gouvernement n’a aucune légitimité pour imposer cette contre-réforme. De plus, il méprise la représentation sociale et compte passer en force, ne nous laissant pas d’autre solution que de préparer un affrontement décisif tel que celui qui a eu lieu contre le CPE ou en décembre 1995. La bataille des retraites est à un tournant. Pour l’aborder, le mouvement social doit s’amplifier encore. La journée de grèves et de manifestations du 23 septembre, jour où le débat s’ouvrira au Sénat, devra franchir une étape majeure.
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