Compte épargne-temps : combien coûte votre repos ?

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travailler-plus"Travailler plus pour gagner plus." Cette expression devait résumer l'action du gouvernement Sarkozy pour illustrer son intention de remettre la France au travail; non en fustigeant les travailleurs, mais en leur offrant la possibilité d'un gain en pouvoir d'achat en échange de concessions, notamment sur la flexibilité en entreprise.

Le compte épargne-temps constitue un de ces instruments destiné à faire un effort sur la productivité. Mais l'effort à consentir est unilatéral et bénéficie en réalité exclusivement à l'employeur. Il ne s'agit pas d'un échange de bons procédés, mais bien d'un palier supplémentaire vers la démolition de nos acquis sociaux. On propose donc aux salariés de sursoir à leur temps de repos pour le consacrer davantage au travail. En échange, les salariés cumulent leur temps de repos sur un compte épargne-temps, soit pour l'utiliser à d'autres fins (congé sabbatique, etc), soit pour le convertir en argent.

L'idée simpliste, qui consiste par ce biais à bénéficier d'un pouvoir d'achat plus fort, masque cependant les nombreux aspects négatifs de la solution. Tandis que l'employeur profite pleinement de la flexibilité induite, car le compte épargne-temps permet d'accroitre l'activité tout en évitant les embauches, les salariés renoncent à leur temps de repos. Or, ce temps de repos ne constitue pas un temps perdu pour le salarié. Il récupère de son travail pour rester en bonne santé et cette récupération est nécessaire, vitale, même pour l'entreprise. Sans cette récupération, les salariés se fatigueront plus vite et risquent de moins bien supporter les contraintes du travail. Ils seront moins productifs. En revanche, ce temps de repos constitue véritablement du temps perdu pour l'employeur qui ne peut supporter que les salariés puissent en bénéficier pour le consacrer à autre chose qu'au travail.

Cette concession qui s'oppose à une avancée sociale majeure, le temps de travail réduit à 35 heures, n'est pas indemnisée à sa juste valeur. Les conséquences sur la santé des travailleurs coûtent plus cher qu'un report gratuit du repos pour le cumuler selon le bon vouloir du chef d'entreprise. La santé est inestimable et nous doutons que l'employeur puisse supporter le juste prix à payer pour que les salariés ne perdent pas au change. Pour l'employeur, cette question de la santé au travail relève un aspect purement individuel et ne peut être évalué comme on mesure la compétitivité de l'entreprise. A la CGT, nous connaissons le prix de la santé au travail. Il est excessivement élevé ! Nous considérons donc que le compte épargne-temps ne peut constituer un système suffisamment juste pour le salarié sans devenir rédhibitoire pour l'employeur. Le compte épargne-temps n'est donc un avantage pour personne.

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