Retraites : nous préférons l'action aux palabres

100-negociationLa CGT a décidé depuis le début de semaine de ne plus répondre aux invitations de négociation de la part du patronat et du gouvernement pendant la bataille des retraites. Cette décision ayant été relayée auprès des fédérations de toutes les branches, la fédération des sociétés d'études demande son application dans toutes les entreprises de son ressort. Conformément à cette décision, les élus CGT de CSP SI Groupe ont cessé de participer aux négociations et réunions de toutes sortes.

Certains esprits chagrins s'interrogent sur la validité d'une telle décision. Déserter le terrain syndical ne serait pas la bonne méthode et permettrait aux directions de profiter de l'absence de la CGT dans les négociations. Au passage, ces mêmes esprits considèrent leur mobilisation comme perdue d'avance, car il ne leur semble plus possible de s'opposer aux fermes intentions du gouvernement pour gagner sur les retraites. Ah, bon ?

Il est certain que la mobilisation demande un certain courage que nous stimulons par nos actions concentrées et organisées auprès des salariés. Si ce courage manque, il ne justifie pas pour autant la couardise consistant à se cacher derrière des arguments qui ne tiennent pas une seconde. Si nous avons appliqué très rapidement cette méthode de contestation, c'est qu'elle permet d'utiliser notre énergie à bien d'autres fins que celles d'un face à face avec la direction. Son dédain pour l'action nous a été démontré hier encore lorsqu'elle estime que les salariés n'ont pas leur place dans les négociations. A la demande du délégué syndical CFDT d'intégrer dans sa délégation une salariée du CSP, le directeur général rétorque que nous ne pouvons pas nous permettre d'associer "36 salariés" aux négociations. "Ce n'est pas parce que le droit le permet qu'il est opportun de l'appliquer à la lettre au CSP." Tient donc !

Cette disposition, que la CGT a initié non sans protestations de la direction lors de la dernière négociation sur la participation, est stipulée par l'article L2232-17 du code de travail et tient sa légitimité dans la nécessaire implication des salariés aux négociations aussi importantes que celles relatives à la participation, à l'aménagement du temps de travail et sur les salaires.

Ainsi, nous refusons de perdre notre temps pendant la bataille des retraites pour le consacrer à des tâches bien plus efficaces. Nous le constatons désormais tous les jours. Ce temps que nous consacrons à la sauvegarde d'un acquis social essentiel, nous permet de garantir le succès indéniable d'une contestation de masse.

Ces esprits chagrins ne se mobilisent malheureusement qu'à travers leurs bons conseils. Bien que nous restons à l'écoute,  nous considérons bien sûr que de nous remettre à la table des négociations  pendant la bataille n'est pas un bon conseil. A ces esprits perdus, nous rétorquons volontiers qu'il n'existe qu'une seule méthode valable pour lutter efficacement et passer de conseilleur à acteur : se syndiquer.

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