Le secret, arme favorite des SSII
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- Créé le mercredi 15 décembre 2010 18:03
- Publié le mercredi 15 décembre 2010 18:03
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Le secret, la confidentialité, le silence et la discrétion sont les armes les plus efficaces des sociétés de service et d'ingénierie informatique (SSII) pour organiser la paix sociale et rentabiliser leur oeuvre sans contrainte aucune. Lorsqu'en négociation annuelle obligatoire, la direction affirme ne pas pouvoir transmettre toutes les informations indispensables pour négocier sur les salaires, c'est par soucis de discrétion. Lorsqu'en réunion de comité d'entreprise, la direction abuse de la confidentialité des documents, c'est pour ne pas dévoiler des informations dites sensibles à la concurrence. Lorsque la direction s'apprête à réorganiser l'entreprise, c'est cette fois sous le sceau d'une confidentialité stricte qu'on cherche à faire taire les représentants des salariés.
Pourquoi pas ? On peut toujours tenter de les immobiliser en les bâillonnant avec le foulard de la justice. Il se trouve que la justice est souvent plus bienveillante avec les représentants des salariés qu'avec les suppôts du MEDEF. Il suffit pour cela de s'intéresser un peu à la chose légale pour s'apercevoir que le secret imposé par les directions ne tient pas une seconde.
Reprenons un instant les exemples cités plus haut. La négociation annuelle obligatoire est une des rares négociations qui soit aussi bien encadrée par la loi. C'est une occasion rêvée pour les négociateurs de demander ce qu'ils veulent... avec comme règle du jeu le respect par l'employeur du sérieux et de la loyauté. A l'intérieur de ce cadre les négociateurs doivent connaître de toutes les informations nécessaires à une analyse sérieuse des données chiffrées. Avancer la confidentialité des salaires pour limiter les informations... à l'inexploitable, contrevient à l'obligation de sérieux et de loyauté. Que dire donc du salarié gestionnaire de la paye qui connait ces informations ? Du salarié développeur qui accède aux données en base ? Du salarié testeur qui manipule ces données sans vergogne ? Il est de la responsabilité des représentants des salariés de respecter un minimum de discrétion sur les salaires. Mais même ça, la direction de CSP SI Groupe n'en veut pas. On ne fait pas confiance.
De même, il suffit maintenant d'évoquer l'obligation de confidentialité que revêtent pratiquement tous les documents remis aux représentants des salariés pour que ces derniers s'executent... et ne communiquent sur plus rien ! Abus intolérable. Il ne faut pas confondre confidentialité et secret. La confidentialité interdit aux représentants des salariés de présenter in-extenso le document remis, mais pas d’en extraire l’essentiel selon leur propre analyse. Ce n'est que le secret, réservé aux seuls procédés de fabrication, qui interdit toute communication sur le sujet. Il en est de même de toute autre information, que sa confidentialité soit qualifiée de stricte ou non.
Nous continuerons donc à communiquer toutes les informations que nous devons aux salariés, tout en veillant au respect de la loi. Notre responsabilité ne consiste pas à ne représenter que nous-même, mais à intervenir pour le compte des électeurs qui nous ont offert leur confiance. Nous ne l'oublions pas. Nous ne faisons donc que notre travail : pas de confidentialité abusive, mais une défense de leurs intérêts pour s'opposer à la conquête du capital sur le compte de l'humain.
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