NAO 2011 : Bilan des négociations

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salaire-peurLorsque des négociations salariales aboutissent à un accord dont les signataires n'ont que pour unique soucis de se rapprocher des mesures de la direction, la CGT montre sa différence et ne signe pas. Si ces signataires considèrent avoir fait leur travail en renonçant pratiquement à l'essentiel de leurs revendications, on peut alors s'interroger sur la combativité de certains d'entre eux. Voyons plus précisément les mesures appliquées à CSP SI Groupe :

  • 1 - Augmentation de 2,2 % de l'enveloppe des salaires

C'est la mesure phare de l'accord. L'augmentation concerne le montant de l'enveloppe dédiée et non les salaires. C'est à partir de cette enveloppe que seront réparties les augmentations, individuellement, à la libre appréciation des chefs de service.

C'est le règne de l'arbitraire le plus absolu : les augmentations de salaires varieront de 0 % à 3 %, voire plus. Mais attention, ce qui n'est pas donné aux uns sera redistribué aux autres, tout fébriles de leurs heures passées au bureau et plein d'espoir d'une reconnaissance bienveillante en numéraires. Pas cher payé pour une année entière d'abnégation et de sacrifices. 2,2 % alors que l'inflation s'élève à 1,6 % et l'inflation, c'est pour tous !

  • 2 - Prise en compte des salaires les moins élevés

Voilà une avancée sociale majeure qui ne provoque ni la honte de la direction, ni la consternation des négociateurs signataires. Il s'agit d'une promesse, d'un vœu pieu qui ne garantit rien.

« La direction s'engage à prendre en compte tout particulièrement la situation des salariés dont les rémunérations sont les moins élevées. » Faites nous confiance, nous nous occupons de tout ! Pas la moindre indication chiffrée, pas la moindre mesure concrète et précise permettant de rendre crédible une intention plus proche d'un conte de fée que d'une mesure salariale valable. Révoltant ! Pas pour tous apparemment...

  • 3 - Versement de primes

Individuelles, les primes ! Comme pour les salaires. Les signataires de l'accord n'interviennent en rien ni dans le montant distribué à chacun, ni sur l'enveloppe dédiée (120 000 €) qui n'a pas vraiment été négociée.

Comment le pourrait-elle, car les données statistiques sur la situation salariale et les données économiques de notre entreprise restent encore aujourd'hui une énigme savamment gardée. Négocier dans ces conditions ? Une blague !

  • 4 - Taux minimum de bénéficiaires

La direction assure que 90 % de salariés bénéficieront d'une augmentation de leur salaire. Les 10 % restants seront punis. Mais n'allez pas imaginer que tous les autres salariés bénéficiaires seront augmentés à hauteur de l'inflation. Pas grave, me direz-vous, ils seront récompensés d'une prime. Rien de moins sûr ! En tous cas, l'accord ne stipule rien qui veille à un certain équilibre. Faites donc confiance, enfin !

  • 5 - Prime de déplacement

Une prime forfaitaire brute trimestrielle d'un montant de 304,50 € sera distribuée pour le déplacement des salariés dont le salaire annuel brut est inférieur à 46 640 €, sous réserve de 6 déplacements par trimestre civil d'une durée de 2 jours ouvrés ou d'un total de 12 jours ouvrés par trimestre. Alambiquée, la mesure.

Si, comme l'année dernière, huit salariés réussiront à percevoir la prime de déplacement en remplissant des conditions aussi restrictives, le montant total s'élèvera à la somme colossale de 2 436 € pour une entreprise qui concourre au succès d'un groupe coté au CAC 40. C'est petit !

Voilà donc les mesures salariales obtenues de chère lutte. Il n'y a vraiment pas de quoi pavaner. Les négociateurs se sont sans doute laissés impressionner par l'avertissement de la direction qui aime à préciser que sans accord, elle serait en mesure de définir unilatéralement les mesures salariales qu'elle souhaite appliquer. Et alors ?

Le présent accord constitue déjà un ensemble de mesures unilatérales... contresigné par des négociateurs peu courageux. Nous n'avons rien gagné, sinon pour les signataires de s'allier, par cet accord, à la distribution fortement conditionnée de miettes, à la place d'un bon gros gâteau.

La tiédeur de nos amis négociateurs n'a pas permis aux syndicats de s'imposer. Mais nous avons été à l'origine d'orientations fortes, au cours des réunions, pour faire entendre des revendications salariales essentielles :

  • augmentations générales des salaires
  • augmentation soutenue des salariés moins bien rémunérés, mais sans discrimination par l'âge
  • augmentation des minima salariaux
  • revalorisation des primes au mérite
  • revalorisation des primes accessoires

Nous invitons les salariés à se souvenir, le moment venu, des revendications que nous défendons pour respecter et rétribuer à sa juste valeur le travail fourni tout au long de l'année. Ces négociations montrent bien l'incapacité de certains représentants silencieux à se battre pour l'intérêt des salariés. Elles constituent une alerte pour un comportement sans rapport avec des luttes syndicales efficaces. Nous comptons sur votre adhésion pour mener la bataille avec plus de succès l'année prochaine, car sans votre appui, nous ne faisons pas le poids. Demandez votre bulletin d'adhésion.

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