22 mars 2011 : journée mondiale de l'eau

journee-mondiale-eau-2011En 1992, l'organisation des nations unies déclare le 22 mars comme journée mondiale de l'eau. C'est l'occasion de sensibiliser les pouvoirs publics et la population sur l'urgence de la préservation d'une ressource essentielle et fragile. Le thème développé cette année : "L'eau pour les villes : répondre au défi urbain". Car l'urbanisation s'intensifiant dans le monde, les concentrations de la population exigent une attention toute particulière pour permettre la distribution d'une eau de qualité. Cette concentration pose des problèmes de plus en plus pressants. Outre le droit universel à l'accès à cette ressource précieuse, chaque individu doit pouvoir bénéficier d'une qualité irréprochable à un prix abordable. Malheureusement, nous sommes encore bien loin d'une distribution organisée pour faire bénéficier l'eau à l'ensemble de l'humanité.

Plus près de nous, en France, l'exploitation est traditionnellement confiée aux grands groupes privés tels que Veolia ou Suez dans le cadre de contrats de délégation de service public. Mais ce commerce de l'eau est de plus en plus remis en question par les municipalités. Les autorités locales se rendent compte qu'il est possible de se passer des contrats de délégation publique en organisant soi-même l'exploitation, tout en baissant les prix. L'eau, distribuée par les multinationales, serait-elle trop chère ?

C'est en tous cas ce que semble indiquer un film documentaire programmé sur la chaîne Arte pour le 22 mars à 20 heures 40 : "Water makes money". Ce film d'une durée d'une heure et quinze minutes, réalisé par Leslie Franke et Herdolor Lorenz, soulève la question de la marchandisation de l'eau. Est-il supportable de confier à des groupes privés l'exploitation d'une ressource vitale sans risquer de ne pouvoir la distribuer à tout le monde ? Lorsque le prix de l'eau est déterminé pour en tirer un bénéfice, il est inévitable que celui-ci puisse être rédhibitoire pour des populations modestes. L'eau devant bénéficier à tous, certaines municipalités poussent la réflexion suffisamment loin pour ne faire payer l'eau qu'à partir d'une certaine quantité de consommation. La quantité vitale, ce qui ne dépasse pas un certain seuil, est gratuite !

L'eau, une ressource sociale ? De nombreuses municipalités ont franchi ce pas : Paris, Grenoble, Viry-Châtillon, Venelles, Neufchâteau, Besançon, Annonay, Castres, Cherbourg... Le retour en régie semble non seulement démontrer la capacité de maintenir la qualité des services, mais provoque également d'agréables surpises quant au prix.

Et les salariés ? Si, à terme, toutes les municipalités se passent des services de Veolia ou de Suez, ne risque-t-on pas des licenciements massifs ? C'est en tous cas l'épouvantail qu'agitent les gros bénéficiaires d'une marchandisation qui ne peut plus durer. Les salariés ne doivent pas nécessairement subir les conséquences d'une gestion plus juste de l'eau par la régie publique. Pour assurer son bon fonctionnement, il faudra toujours des gestionnaires, des techniciens, des ingénieurs et même en nombre plus important, car il est impensable, dans une configuration de régie publique, de faire trimer les salariés  pour réduire la masse salariale.

L'exemple réussi de certaines municipalités a démontré qu'un retour en régie publique a permis plus d'embauches. A terme, seul un service public national de l’eau pourrait assurer la solidarité nationale, une péréquation du prix de base, des laboratoires à la disposition de tous, l’accès à l’eau pour tous. Au cœur de ce service, un statut unique du salarié, stable, quelle que soit l’autorité de tutelle, pourrait garantir la pérennité des droits sociaux. Cette garantie aujourd'hui n'est assurée ni par Veolia, ni par Suez, ni par aucun autre intervenant privé. Vivement le changement...

Veuillez vous enregistrer ou vous connecter pour ajouter un commentaire à cet article.
Visiteurs uniques (hors robots) : Aujourd'hui 28 - Hier 36 - Semaine 236 - Mois 823 - Depuis 2011 26900