Liberté, égalité... et le reste
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- Créé le dimanche 27 mars 2011 07:25
- Publié le dimanche 27 mars 2011 07:25
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A l'heure où les individualismes exacerbent les esprits, à l'heure où la lutte quotidienne dans les entreprises est une expérience isolée et désespérée, à l'heure enfin où les détresses qu'elles engendrent font des salariés les pantins du patronat, les valeurs républicaines perdent leur signification pour se noyer dans un océan de méprises. L'engouement mesuré pour les élections actuelles montrent bien le désintérêt profond pour des notions qui ont forgé le socle de la société française. Alors, que signifient aujourd'hui les termes de notre devise nationale ? Sommes-nous sur le point d'oublier que cette devise évoque les principes fondamentaux de notre société, c'est-à-dire qu'elle représente bien plus qu'un simple ornement théorique et philosophique sur les frontons de nos bâtiments publics ?
Les termes de notre devise ne pèsent pas le même poids sur l'échelle des valeurs issue des Lumières. On conçoit volontiers l'idée de Liberté, voire d'Egalité comme principe d'un système social juste. Quant à la Fraternité, c'est autre chose... Ainsi que le décrit brillamment Jacques Généreux dans son ouvrage intitulé "La Grande Régression", les trois notions décrivent parfaitement l'idée d'une société fondée sur les rapports équilibrés entre humains. La liberté, être soi-même, l'égalité, égale capacité des individus, et la fraternité, être avec, par et pour autrui, sont indissociables et ne peuvent l'être au risque d'attiser des effets pervers. Pourquoi donc la notion de fraternité est-elle si importante au même titre que la liberté et l'égalité ?
La fraternité participe pleinement à l'engagement syndical des militants de la CGT. Elle constitue une arme sans égale pour gagner des batailles difficiles, car elle s'adresse à un groupe humain, formé pour construire solidairement un édifice qu'il n'est pas possible de construire seul. Cet édifice social est précisément ce que redoute par-dessus tout le patronat, intéressé de prendre à lui-seul les rennes de son entreprise et préoccupé par le besoin pressant de soumettre ses salariés à son bon vouloir. La fraternité devient ainsi un principe à combattre et les succès que remporte le patronat dans sa quête de l'individualisme, lui permettent de garantir l'exercice d'un pouvoir démesuré dans son entreprise.
Il est donc nécessaire, pour reconquérir les droits des travailleurs, de se réapproprier la notion de fraternité, gage de succès sociaux et syndicaux, permettant de s'opposer efficacement à la pression du patronat. Notre devise républicaine protège autant les citoyens que les travailleurs, à moins de négliger les outils légaux mis à notre disposition. C'est le constat que nous faisons lorsque les citoyens ne remplissent plus leur devoir civique, c'est-à-dire en s'abstenant massivement lors des élections. Mais c'est aussi le constat que nous faisons dans les entreprises, lorsque l'engagement syndical cède la place au repli sur soi, à l'opportunisme, à l'individualisme. Ne nous laissons pas faire, organisons-nous pour gagner du terrain et rebâtir ensemble un édifice social digne de la nature humaine.
Lorsque des militants de la CGT échangent par mail, il n'y à aucun doute quant à la cordialité de leurs propos. Mais ils n'ont généralement pas pour habitude de terminer leur prose par la formule lapidaire "cordialement". Les mots ayant leur importance, entre camarades de lutte, on se salue... fraternellement.
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