Feydeau à VWIS et personne ne rit...

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feydeauLe sujet peut sembler ardu, mais il vaut le détour tant la dimension du ridicule est importante à Veolia Water Information System, que ce soit en réunion de comité d'entreprise, comme en réunion des délégués du personnel. Lorsqu'il s'agit de représenter les salariés lors de ces réunions, les acteurs de tous bords se doivent de respecter un minimum de sérieux. Nous étions déjà habitués par les frasques de notre direction des ressources humaines. Appuyée par des représentants qui ne représentent qu'eux-mêmes, ce genre de réunion prend l'allure d'une pièce de Feydeau. Voyez vous-même...

Lorsqu'il est posé la question sur le devenir des salariés en modalité 21 auxquels la direction propose de passer en modalité 32, la directrice des ressources humaines justifie la minoration des jours de RTT par le bénéfice des jours d'ancienneté concernant souvent ce type de salariés. "Ces salariés bénéficient de jours d'ancienneté qui peuvent compenser les RTT qu'ils perdent en passant en modalité 3." Tant de bêtises font hérisser les poils des représentants les moins aguerris et ne servent pas notre DRH, car, en présence de notre nouveau président directeur général de VWIS, Madame a manqué une occasion unique de retenir sa maladroite langue. "Au temps pour moi !" a-t-elle finalement reconnu en évoquant comme argument de poids le versement d'une prime variable en compensation.

Malheureusement, si la clairvoyance de certains représentants peut servir la cause des salariés dont ils sont censés défendre les intérêts, certains autres n'hésitent pas à accompagner l'argumentation de la direction, se tirant une balle au pied social. Se rendent-ils donc compte de l'ignominie de leurs propos ou sont-ils à ce point désireux de plaire qu'ils offrent à la direction sur un plateau d'argent le gourdin qui nous assomme tous ? Ainsi, lorsque nous proposons à la direction la possibilité de se conformer aux pratiques de l'UES Veolia Eau, c'est-à-dire permettre une vaccination gratuite des salariés contre la grippe, les arguments opposés pleuvent et ne laissent aucun répit à la moindre avancée sociale. Pire, un représentant de la liste opposée s'interroge ouvertement sur l'utilité d'une telle disposition "puisque les frais de vaccination sont remboursés par la sécurité sociale".

Non seulement notre cher animal ignore que la gratuité de cette vaccination n'est offerte qu'à une liste limitative d'ayants droit, mais il ne s'inquiète visiblement pas de la problématique pourtant diffusée par tous les médias : le trou de la sécurité sociale. Préférer faire payer la sécurité sociale, alors que les recettes ne subviennent plus aux besoins ? Recettes d'ailleurs mises à mal par un gouvernement dont l'objectif désormais connu est bien de ne plus se servir dans les caisses de l'Etat. Au lieu de se servir dans les poches des salariés, ne serait-il pas plus convenu de ponctionner les bénéfices des grands groupes du CAC 40 ? Veolia, par exemple ?

Le pompon nous est offert finalement par la directrice des ressources humaines. Pardon, madame se désigne elle-même comme "directeur des ressources humaines". Serait-il à ce point honteux de s'affirmer en tant que femme en entreprise ? Nous lui posons d'ailleurs la question sur les critères de l'accord sur l'égalité femmes - hommes mis en œuvre pour constituer la nouvelle équipe dirigeante composée essentiellement... d'hommes. La réponse est un numéro d'acrobatie digne de Bouglione. Comment pourrait-il en être autrement, puisque l'accord sur l'égalité professionnelle constitue un ensemble d'intentions qui, sans budget approprié, ne peut aboutir. Alors, au lieu de chercher comment améliorer la condition féminine en entreprise, on cherche des discriminations que tout le monde assure ne pas avoir trouvé. Tout va bien !


1 Modalité 2 : cadres dont la nature des tâches (responsabilité d'expertise technique ou de gestion qui ne peuvent s'arrêter à heure fixe, utilisation d'outils de haute technologie mis en commun, coordination de travaux de collaborateurs travaillant aux mêmes tâches) est telle qu'il ne peuvent suivre strictement un horaire prédéfini.

2 Modalité 3 : cadres exerçant des responsabilités de management élargies ou des missions commerciales de consultant ou accomplissant des tâches de conception ou de création, de conduite et de supervision de travaux, disposant d'une grande autonomie, libres et indépendants dans l'organisation de leur temps de travail.

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