Une supercherie sans finesse
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- Publié le jeudi 9 juin 2011 19:54
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Tous les moyens sont bons pour tendre vers l'unique objectif d'une réorganisation qui laisse entrevoir la crue réalité. A VWIS, l'optimisation des processus se réduit finalement à une modération à tout-va, qu'elle soit salariale ou sociale. Plus rien ne correspond au discours initial de la direction : "Pas de dumping social !". Bien au contraire, cette réorganisation permet justement d'introduire un nivellement général vers le bas... mais en douceur. Alors, lorsque la section syndicale s'en offusque pour dénoncer haut et fort des manipulations qui ne visent qu'à réduire nos avantages sociaux, la direction exprime bien maladroitement son agacement. Peut-être inspiré par une direction des ressources humaines, normalement experte en matière de communication, le président directeur-général, tout frais émoulu de ses expériences chez Renault et Carrefour, prend sa plume pour remettre au pas notre délégué syndical CGT.
Il semblerait donc que la direction des ressources humaines aurait reçu un salarié en modalité 1, comptant parmi les malheureux qui ne bénéficient d'aucune compensation alors qu'ils sont souvent amenés à dépasser leurs heures de travail (35 heures hebdomadaires conventionnelles). Ainsi donc, ce salarié serait tout-à-fait satisfait de son sort et ne demande rien d'autre que de maintenir son statut. La DRH précise en outre que ce même salarié se serait prononcé favorablement sur le projet de prorogation de l'accord sur l'aménagement du temps de travail. Tiens donc ! Voilà que la direction confie désormais aux salariés des attributions normalement dévolues et aux organisations syndicales, et aux membres du comité d'entreprise. Du jamais vu ! Imaginez, un salarié entre dans le bureau de la DRH avec l'intention d'obtenir un juste aménagement de son temps de travail... et en ressort convaincu de son renoncement et même favorable à un prolongement de cette injustice. C'est le monde à l'envers !
La réalité est bien sûr toute autre. Il s'agit, par l'intermédiaire d'un mail accompagnant l'ordre du jour, de communiquer à l'adresse des membres du comité d'entreprise pour faire basculer dans le sens de la direction les votes d'une information / consultation concernant trois projets d'accord. Le mail de notre P-DG est maladroit en ce sens, qu'au lieu de nuancer le point de vue très discutable de notre DRH, il s'embourbe en soutenant l'indéfendable. Dommage ! Nous espérions bénéficier d'une direction crédible, sérieuse... qui se discrédite par les insinuations mal intentionnées de la DRH. Alors à son tour, le nouveau P-DG de VWIS, malgré son expérience de chef d'entreprise, se laisse aller à travestir la réalité, dénonçant l'attitude du délégué syndical CGT, membre titulaire du comité d'entreprise, qui serait opposé à la transmission des informations essentielles avant la procédure d'information / consultation. Balivernes ! Au contraire de ce qui est affirmé, c'est précisément la CGT qui réclame sans cesse que les informations écrites nous parviennent à temps pour que nous puissions étudier les documents avec tout le sérieux nécessaire.
Bref, le retournement de situation est un mode de communication bien classique pour une direction qui ne trouve plus rien d'autre que ce procédé lamentable pour faire taire nos justes revendications. Et c'est toute la panoplie habituelle de reproches personnels qui nous est fournie dans un bel emballage cadeaux à en-tête Veolia. Tout cela ne serait pas bien terrible s'il ne s'agissait que de critiquer le style de notre direction. Or, il s'agit de bien plus que cela. Il s'agit de se battre pour la sauvegarde des intérêts des salariés et de sortir victorieux des agressions sociales incessantes. Nous ne laisserons pas se développer une expérience grandeur nature consistant aux uns, non cadres, de les faire travailler autant que les salariés cadres et aux autres, cadres, de ne pas leur servir de juste compensation pour le temps consacré à leur travail. A l'heure où les plus hautes instances judiciaires de notre pays, voire de l'Europe, dénoncent le principe du forfait-jour des cadres, chez Veolia, on accentue gaiement la pression tous azimuts. Attention au retour de bâton !
1 Lisez l'échange de mails, objet du présent article.
- < La reconquête sociale, une affaire de salariés unis et engagés
- Comment les directions guident les organisations syndicales ? >
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