La dissonance cognitive : quand la réalité heurte les convictions

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renard-et-raisinsDans un ouvrage de psychologie paru en 1956, Léon Festinger met en évidence une tension interne survenant lorsqu'un individu se heurte à des contradictions sur ses propres connaissances, son opinion, sa religion, etc. Pour échapper à cette tension, appelée dissonance cognitive, l'individu répond par un arrangement psychologique qui lui permet de retrouver la sérénité. On dit alors qu'il réduit sa dissonance cognitive.

On site souvent en exemple une fable d'Esope qui met en scène un renard affamé cherchant à attraper une grappe de raisins. Echouant dans son entreprise, le renard se console en décidant qu'après tout, il n'en voulait pas de ces raisins, trop verts à son goût...

De la même manière, quand les faiblesses de certaines personnes les empêchent d'arriver à leurs fins, ils se consolent en s'en prenant aux circonstances. On peut faire le lien avec cet état psychologique particulier de salariés qui, manquant de courage pour s'engager syndicalement, trouvent toutes sortes d'aguments justifiant leur renoncement. Pourtant, la logique voudrait que, face aux nombreux compromis, pressions et agressions psychologiques de toutes sortes, les salariés refusent de se soumettre... et se syndiquent.

Or, la réalité est tout autre : on dira volontiers ne pas avoir suffisamment de temps à se consacrer à la chose syndicale, répliquer qu'il ne sert à rien de s'opposer à l'employeur, toujours plus fort, ou craindre pour la suite de sa carrière. Répondre ainsi à l'urgence d'une syndicalisation de masse correspond justement à une attitude qu'on peut s'expliquer par la réduction de la dissonance cognitive.

Il est donc essentiel de parvenir à une banalisation de la syndicalisation, de manière à ne pas devoir se confronter à ce phénomène. La présence continue des délégués syndicaux sur le lieu de travail, en rapport étroit avec les collègues et la communication constante sur les événements de l'entreprise contribuent efficacement au succès de la démarche. Lorsque la syndicalisation se réalise progressivement, l'élan gagné permet de développer une section syndicale qui n'a plus rien de clandestin. C'est la norme. Il n'y a plus d'interdit, plus de dissonance non plus...

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