Diviser pour mieux... casser le social

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shadock-complique Les salariés des "petites et moyennes entreprises" envient volontiers leurs homologues des "grandes sociétés du CAC 40" qui bénéficient forcément de conditions infiniment plus intéressantes socialement. Cette vision des grands groupes bienveillants à l'égard de leurs salariés ne correspond malheureusement plus à l'image d'Epinal d'antan... Trop d'avantages nuit à la productivité. Il faut remettre les choses à plat ! Veolia Eau, division très lucrative du groupe Veolia Environnement, fait l'expérience d'une optimisation organisationnelle dont l'objectif est justement de se débarrasser de cette vilaine image d'un autre temps. Tous à la même enseigne, il n'y a pas de raison que nos salariés soient plus heureux...

Une réduction considérable des conditions sociales a été réalisée avec succès auprès de feue CSP SI Groupe, cette filiale de l'informatique de Veolia Eau qui n'a pas vraiment réussi, mais qui, par sa restructuration récente, montre enfin vers quoi nous nous orientons. Les dirigeants de Veolia Eau vont jusqu'au bout de la logique individualiste, consistant à isoler le salarié pour le rendre plus malléable et plus docile encore. Ainsi, la séparation de l'ancienne structure CSP SI Groupe en deux nouvelles structures montre bien l'absudité d'une situation qu'on ne peut justifier autrement que par des acrobaties managériales dont on ne sort décidément pas.

Nous avons eu un bref aperçu de cette situation lorsque, sous l'impulsion d'un projet de management dénommé Declic, les collègues de travail devenaient soudainement des clients ! Il fallait non plus rendre service, mais rendre le service. Un exercice sémantique dont même des élèves de nos écoles primaires s'esclafferaient, tant l'intention est incongrue et la logique farfelue. Nous avons bien deviné qu'il s'agissait de mettre les salariés en concurrence. Aujourd'hui, par la restructuration de CSP SI Groupe, déjà entamée par la précédente restructuration de GiEau, la situation est des plus ubuesques.

Car d'anciens collègues se transforment aujourd'hui en salariés d'une société étrangère. C'est-à-dire que les liens forts entre les deux nouvelles structures VWIS et VE Tech France, issues notamment de CSP SI Groupe, demeurent par des rapports professionnels auxquels on intercale et la séparation physique des équipes, et de nouveaux processus de fonctionnement... que personne ne connait. Pire, VWIS et VE Tech France étant des sociétés, certes appartenant au même groupe, mais bel et bien distinctes, les salariés des deux structures travaillent néanmoins dans le même bâtiment !

Pire bis, les deux structures étant distinctes, elles ne bénéficieront plus ni des mêmes instances représentatives, ni donc des accords d'entreprise afférents. Dans un même bâtiment, avec les mêmes salariés d'une société désormais éclatée, on crée des rapports professionnels et sociaux divergents au point de se demander si les collègues ont bien encore le droit de se rencontrer.

C'est le piège dans lequel la direction de GiEau nous a empêtré pour appuyer une configuration qui réduit encore les effectifs de part et d'autre, avec des conditions sociales les plus rudimentaires à terme... Ainsi, il est plus simple encore, non seulement de confirmer un management s'appuyant sur la concurrence des salariés entre eux, mais encore de réduire les avantages sociaux des uns et des autres par des accords qui se concurrenceront entre eux. L'un des deux sera forcément moins avantageux. CQFD !

La fête est finie ! Les conditions sociales des salariés des grands groupes tels que Veolia convergent vers le moins-disant déploré dans les PME. Comment dans ces conditions espérer le moindre progrès social, si nos dirigeants déploient toute leur énergie non à optimiser notre outil de travail, mais à casser du social. Tant va la cruche à l'eau, qu'à la fin...

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