Le destin des cadres déchus
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- Publié le mercredi 20 juillet 2011 09:49
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Un singulier aspect de la réorganisation à Veolia Water Information Systems n’a pas échappé à l’esprit perspicace d’un certain nombre de salariés. Ce coup de pied dans la fourmilière, donné par la direction, a eu des conséquences que nous avons déjà constatées à d’autres occasions pour des salariés en charge de responsabilités managériales (chef de service, chef de projet). Du haut de leur piédestal, sous les feux de la gloire dans l’organisation de l’entreprise, ces salariés ont baissé la voile ou se sont vu contraints à se résoudre à des tâches subalternes. L’aura n’est plus ce qu’elle était.
Le changement prend parfois des allures humiliantes, confisquant à untel son bureau personnel pour se retrouver à travailler en openspace, plongé dans le bruit et les gênes diverses, relayant untel autre dans un local que l’on peux désigner comme débarras. Mais cette minoration des responsabilités, évidente par le réaménagement subi, ne diminue pas forcément le poids des exigences affectées aux nouvelles tâches. Ainsi, en plus de leur image écornée, certains de ces salariés continuent à subir le syndrome du bâton et de la carotte, syndrome bien connu des arrivistes qui persistent dans l’illusion que l’accès au cercle très fermé des vassaux n’est pas hermétiquement clos.
Spectacle attristant que de constater le succès d'un chantage institutionnel visant à sortir le meilleur des salariés, qui ne s’aperçoivent même plus d’une situation normalement révoltante. Réduire ainsi la dignité du travailleur, qui consent à ne dire mot, permet justement à la direction de s’octroyer des marges de manœuvre considérables. Le fouet flagellant les esclaves n’est pas visible. Il est psychologique, habile, sournois et bien plus douloureux car il isole les salariés managers dans leur souffrance.
Ces tentatives de déstabilisation ne concernent non seulement les salariés en cause, mais sont également un avertissement aux salariés subordonnés, à savoir que leur situation dans l’entreprise peut changer brutalement du jour au lendemain. Ainsi, il est montré que ces salariés, obéissant aux règles particulières de la modalité 31, ne sont pas seigneurs pour autant. Chacun à sa place !
Nous ne marchons pas dans la combine qui consiste à installer la confusion dans les esprits. Les salariés managers, dont nous connaissons bien les particularités conventionnelles et contractuelles, ne doivent pas se tromper dans ce jeu de dupe. Nous leur offrons la possibilité à eux aussi de s’exprimer pleinement à travers les difficultés qu’ils rencontrent quotidiennement.
Contrairement à l’idée généralement perçue, la CGT n’est pas seulement le syndicat des ouvriers et des manutentionnaires. Avec l’Union générale des ingénieurs, des cadres et des techniciens, la CGT défend les intérêts de toutes les catégories de salariés, cadres compris. Nous n’en faisons pas une particularité de notre lutte sociale comme pour certains syndicats catégoriels. Nous les intégrons naturellement, comme toutes les autres catégories de la branche informatique. Dans de nombreuses SSII, cette catégorie de salariés a bien compris qu’elle pouvaient bénéficier du même soutien syndical que la cohorte de salariés syndiqués à la CGT. Nous ne faisons aucune confusion. Nous connaissons bien nos adversaires. Ils ne sont pas cadres, ils sont avant tout... dirigeants.
1 - Article 3.2.3 de l'accord ARTT et formation du 20 octobre 2005 :
"Cadres exerçant des responsabilités de management élargies ou des missions commerciales de consultant ou accomplissant des tâches de conception ou de création, de conduite et de supervision de travaux, disposant d'une grande autonomie, libres et indépendants dans l'organisation de leur temps de travail."
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Par contre, les nouveaux croient en leur étoile. On verra bien