Projet Hellebore : une menace pour l’emploi et les conditions de travail

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helleboreDu nom d’une plante, autrefois utilisée en médecine comme purgatif, le projet Hellebore est révélé in extremis au comité d’entreprise de VWIS, à un moment où le secret de Polichinelle est connu de tous, puisque déjà appliqué auprès de plusieurs régions. La discrétion absolue est de mise sur la planète Veolia, signe d'un malaise social dans tout le groupe. Faut-il garder ce silence pour maintenir l'équilibre d'un colosse qui menace de s'effondrer ? Nous ne soutenons pas cette omerta, car elle trompe les salariés sur la pertinence des choix de nos dirigeants. Nous informons les salariés aussi précisément que possible, sans catastrophisme, mais sans compromission non plus, car c'est là une des missions essentielles d'un syndicat responsable : l'information.

Le projet Hellebore est présenté à VWIS comme la réponse à la demande d’Antoine Frérot d’accélérer notre transformation. Moins d’un mois après son annonce publique, les dirigeants de VWIS, bons élèves, exhibent fièrement leur plan de transformation, aboutissement de la nouvelle structure créée officiellement début juillet. Il s’agit d'installer une organisation qui permette de mieux gérer la fonction informatique de la division, c’est-à-dire rentabiliser au maximum en concentrant les efforts du niveau régional vers le national. Ces efforts, déjà entamés depuis plusieurs mois par la réalisation de nouveaux projets, seront appuyés notamment par des réflexions sur l’amélioration de nos processus. L'intention est, par exemple, d’optimiser les traitements redondants vers des solutions uniques et réutilisables.

La direction tente de rassurer sur la confiance des dirigeants de Veolia Eau dans les objectifs à atteindre. Elle égrène l’impressionnante liste de projets en cours et à venir, tout en précisant que cette activité renforcée ne peut être un prétexte pour embaucher. VWIS n’embauchera pas, mais comptera sur de nouveaux contrats de prestation pour réaliser tout ce travail. Se pose alors la question de l’installation de tout ce beau monde, chargé de révolutionner notre informatique, car de place dans nos locaux, il n’y en a plus. « Nearshore » répond la direction. Encore une contrainte qui ne concerne non seulement des prestataires habitués à la mobilité, mais également certains salariés internes… à qui on ne demandera pas leur avis.

Il n’est donc pas question d’embaucher en vue de ce regain d’activité. Au contraire, la division Eau, forte actuellement de 13 000 salariés, diminuera son effectif pour n’en garder plus que 11 500. La direction de VWIS aussi profitera de cette occasion pour proposer des départs « volontaires » de salariés affectés à des tâches inefficaces, redondantes, voire inutiles. La chasse est ouverte. Combien serons-nous à partir ? De nouvelles annonces le préciseront avant la fin de l’année.

Toutes ces vieilles recettes, nous les connaissons bien, car elles ont déjà été appliquées avec conviction depuis 2003 à GiEau, puis en 2009 à CSP SI Groupe… avec le succès que nous connaissons. Depuis, les dirigeants se sont essayés au jeu des chaises musicales, mais les salariés, toujours présents et prêts à affronter les challenges de nos têtes pensantes, devront encore subir les effets de méthodes consistant à restructurer, industrialiser, concentrer. Les expériences, cent fois renouvelées, montrent bien un décalage évident entre les exigences de nos chefs et les réalités du terrain.

Le cynisme va plus loin encore, car non seulement les salariés auront à subir les décisions, conséquences des erreurs du management au plus haut niveau, mais ils subiront également les risques d’enjeux très ambitieux, sanctionnés par une formule d’intéressement pour laquelle la CGT émet de forts doutes. Comment valider une formule proposée par la direction, maître du jeu, car elle seule disposait de cartes maîtresses au moment de la négociation, alors que les syndicats n’ont pas pu avoir accès à ces éléments d’appréciation ? Seule la CGT a renoncé à ce jeu de dupe. Les autres syndicats font confiance. Bonne chance ! Les salariés sauront faire la part des choses…

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