Le salaire ne justifie aucun sacrifice

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salaire-travailA l'heure où les dirigeants de Veolia Eau s'emparent des capacités de rationalisation de l'informatique, ces derniers ouvrent grandes les vannes financières pour permettre que se réalise le miracle. Ainsi, lorsqu'à l'occasion d'une grande messe, on claironne bruyamment la mise à disposition de tous les moyens nécessaires à cette ambition, on harangue les salariés pour qu'ils se saisissent eux-mêmes des idées de leurs chefs. Comme si nous n'avions pas déjà subi bien d'autres expériences de ce genre, consistant à optimiser par des moyens techniques divers, sans jamais intégrer le facteur humain. Car c'est bien là que le bât blesse. Toutes ces bonnes idées se fondent sur des opportunités techniques et financières et ignorent les conséquences humaines.

Lorsqu'au début du siècle dernier, la révolution industrielle a fait cracher les fumées de la sidérurgie pour servir les appétits des « capitaines d'industrie », les négligences sur la sécurité des salariés ont souvent eu des conséquences dramatiques sur leur santé. Aujourd'hui, les progrès techniques ne portent plus guère atteinte à l'intégrité physique des salariés, mais les métiers intellectuels, et singulièrement l'informatique, connaissent désormais les mêmes faiblesses organisationnelles que jadis à l'ère industrielle. C'est ainsi que les accidents d'antan, physiques, cèdent aujourd'hui la place aux accidents psychologiques et entraînent de malheureux salariés dans les travers d'autrefois. Les métiers ont évolué, mais l'espoir d'un progrès social ne s'est malheureusement pas réalisé.

Il est donc essentiel de considérer les atteintes psychiques au même titre que les atteintes physiques, ces dernières n’ayant été résolues que très récemment grâce à des études sur l’ergonomie. Les progrès liés à la pratique de l’ergonomie ont sauvé d'innombrables vies que les dépressions et le mal-vivre rattrapent aujourd'hui. Il est de l'intérêt autant des employeurs que des salariés de tenir compte du facteur humain pour que soient répondues aux questions des difficultés du travail.

Ainsi, lorsque les dirigeants de Veolia Eau et particulièrement la direction de VWIS se réjouissent par avance du succès de l'outil informatique pour faire leurs affaires, nous disons qu'ils se trompent et que leur projet n'a aucune chance d'aboutir si le facteur humain est ignoré. Nous exhortons la direction de Veolia Water Information Systems de vérifier avec le CHSCT les conséquences sur la santé des salariés en fonction des nouvelles exigences formulées. Nous estimons nécessaire que cette instance se saisisse véritablement de ses prérogatives pour mesurer par une enquête les effets d'un cumul de restructurations depuis 2003. Nos contacts sur le terrain laissent apparaître une démotivation importante, résultat d'une orientation décidée unilatéralement et prélude à un renforcement des tensions s'ils ne sont pas pris en compte. Rien ne justifie les difficultés imposées par une organisation sous tension, ni même un salaire. Il rétribue un travail fournit et n'est pas destiné à compenser des souffrances...

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