Mobilisation interprofessionnelle le 11 octobre 2011
- Détails
- Publié le dimanche 18 septembre 2011 12:29
- Affichages : 531
Peu enclins à s'opposer aux pressions qui s'exercent sur leurs conditions de travail, les salariés de Veolia Water Infomation Systems ne sont habituellement pas sensibles aux appels à la mobilisation. Alors même qu'ils subissent quotidiennement les effets de la dernière restructuration, résultat d'une succession de tentatives pour assurer la rentabilité de la fonction informatique, les salariés n'osent cette fois encore exprimer leur mécontentement. Début septembre, une intersyndicale formée par la CGT, la CFDT, l'UNSA, FSU et Solidaires s'est engagée sur une journée de mobilisation interprofessionnelle pour exiger un juste partage des richesses. Nous invitons les salariés à réagir pour ne pas laisser le champ libre aux tentatives de déstabilisation du patronat et faire cesser les convergences vers une précarité généralisée des métiers de l'informatique.
La formation de l'intersyndicale, à cette occasion, était jalonnée de difficultés liées à la diversité des points de vue des syndicats. C'est sans surprise que François Chérèque (CFDT) a rejeté la proposition d'une journée de grandes manifestations avec appels à la grève. "Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne réponse" s'est-il lancé avec un euphémisme qui lui est singulier. Néanmoins, conscients de la nécessité d'une unité syndicale, les syndicats se sont entendus sur le principe d'une journée d'actions fixée au 11 octobre 2011.
Sur le fond, tous craignent le risque d'une journée d'action avec des effets minimalistes et sans réels impacts. C'est en tous cas cet aspect qui a fait renoncer FO, la CFTC et la CGC de participer à l'intersyndicale. La CGC se veut "dans une phase de concertations et de propositions" et à FO, on "ne croit pas à l'efficacité d'une journée de mobilisation". Ce qui n'empêche pas la centrale de Jean-Claude Mailly d'organiser, seule, sa propre journée d'action le 20 septembre.
Interrogé sur cette question hier à la fête de l'Humanité à la Courneuve, Bernard Thibault (CGT) regrette que l'unité syndicale ne soit pas plus solide et rappelle que les grandes conquêtes syndicales n'ont été remportées que grâce à une unité, toujours soutenue par la CGT. Il raille la position de FO, désormais habitué à se mettre hors-jeu, et se pose la question de l'efficacité d'une démarche isolée au moment où l'urgence salariale impose un large rassemblement. Bernard Thibault reconnaît qu'il est complexe de mettre sur pied une réaction massive des salariés dans une période où le pouvoir d'achat est en baisse. Mais il évoque également les risques d'une dégradation plus massive encore de l'emploi et des salaires, si les salariés ne réagissent pas, ou du moins, s'ils n'ont pas l'appui de leurs syndicats pour réagir unitairement. Les réactions peuvent s'adapter à la situation particulière dans chaque entreprise et se concrétiser par des débrayages, des assemblées générales, des débats, des grèves d'une demie journée...
A Veolia Water Information Systems, nous avons toutes les raisons pour nous mobiliser. Quand la direction entend restructurer son organisation, elle ne cherche pas à rendre plus efficace l'outil informatique au service de l'utilisateur, voire de l'informaticien. Elle cherche à rentabiliser son affaire pour réduire au maximum le coût du travail, quelles que soient les conséquences pour les salariés qui se perdent dans cette désorganisation, quelles que soient les conséquences pour les utilisateurs qui ne sont pas forcément plus heureux du résultat obtenu. Quand, parmi toutes les combines, participe comme outil de cette restructuration une précarisation désormais systématique à l'embauche1, alors vraiment, nous n'avons plus d'autre alternative que la mobilisation.
1 - Des informations recueillies auprès des salariés nouvellement embauchés, il semblerait que leur catégorie, telle qu'énoncée dans l'accord d'entreprise ARTT de 2005, ne corresponde généralement plus aux fonctions réellement exercées. Ainsi, nous apprenons que des ingénieurs, normalement classés en modalité 22, reçoivent systématiquement la modalité 33 correspondant typiquement aux fonctions de chef de service.
2 - Modalité 2 : Cadres dont la nature des tâches (responsabilité d'expertise technique ou de gestion que ne peuvent s'arrêter à heure fixe, utilisation d'outils de haute technologie mis en commun, coordination de travaux de collaborateur travaillant aux mêmes tâches) est telle qu'ils ne peuvent suivre strictement un horaire prédéfini.
3 - Modalité 3 : Cadres exerçant des responsabilités de management élargies ou des missions commerciales de consultant ou accomplissant des tâches de conception, libres et indépendants dans l'organisation de leur temps de travail.
Téléchargez le tract de la confédération qui sera distribué à l'occasion de la journée interprofessionnelle du 11 octobre 2011.
- < Budget de l'informatique en berne chez Veolia ?
- Délit d'entrave : lorsque l'employeur se fait délinquant >
Identification
Autres articles
Flux d'actualités
-
Les salariés ne se sont pas battus pour rien
-
Brochure de mars 2012
-
Le Médiator, chronologie d'un scandale sanitaire
-
15. Pour une transformation du système de santé au travail
-
14. Le travail, un enjeu de santé
-
13. Les questions d'éthique et de liberté
-
12. La "dépendance"
-
11. Politique du médicament et de la recherche
Articles populaires
- Les élections professionnelles
- A quoi sert un centre de services partagés ?
- Evolution de l'offshore dans le secteur informatique
- Simulation d'entretien de recrutement
- La médecine du travail aux ordres de l'employeur
- Licenciement d'un délégué syndical : débarrassons-nous de la CGT !
- La restructuration permanente comme levier de la rentabilité


