Réunion des délégués du personnel : le mépris affiché de la direction

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delegue-du-personnelDerrière les mines de circonstance consistant a dessiner un sourire permanent et signifiant un accueil apparemment bienveillant, la direction des ressources humaines ne cesse de montrer son mépris pour les questions posées en réunion des délégués du personnel. Rien d'étonnant à cela, car les questions recueillies par l'intersyndicale CGT-CFDT abordent généralement les thèmes d'insatisfaction des salariés et, pour éviter d'y répondre, il existe mille et une manière de se dérober.

La réunion du 26 septembre fut un modèle du genre par les non-réponses fournies. Nous passons sur l'orthographe hésitante des réponses écrites, mais puisqu'il s'agit d'un écrit, on peut s'étonner du peu de sérieux donné à ce document à l'adresse des salariés. Ainsi, sur la question relative au refus de distinguer les départs des salariés selon qu'il s'agisse d'une démission ou d'un licenciement, la direction répond qu'il appartient aux salariés concernés de communiquer la nature de leur départ. Pourquoi cette précaution ? En quoi cette distinction pose-t-elle soudainement un problème déontologique lorsque la direction est coutumière de bien d'autres délits d'entrave ?

Le sujet est sensible, car il met en lumière l'aboutissement des insatisfactions qui ne doivent pas contaminer les salariés qui résistent encore. Ainsi, comme si les départs sont un événement naturel dans la carrière d'un informaticien, on évitera de parler de démission ou de licenciement, car ces deux termes expriment inévitablement le différend, voire le conflit qu'ils accompagnent. Car différend il y a, systématiquement. On ne part pas de gaieté de cœur lorsqu'on est insatisfait de sa rémunération, lorsqu'on ne dispose pas de tous les moyens pour fournir un travail de qualité, lorsque l'organisation du travail bloque l'indispensable fluidité des tâches de chaque intervenant, lorsque le fruit de son travail n'est pas correctement récompensé. Non, la satisfaction n'est pas de mise, mais on part soulagé, heureux de pouvoir voguer vers de nouveaux horizons... peut-être plus prometteur. Les démissionnaires sont déçus de n'avoir pu affirmer pleinement leur talent à Veolia Water Information Systems, mais heureux d'avoir su contourner leur problème. Les salariés licenciés, eux, sont effondrés et estiment avoir été trompés. La déception de ces salariés est à son paroxysme pendant que les autres résistent toujours, pour certains d'autant mieux qu'ils se parent de l'illusion de participer à un grand projet d'entreprise... En réalité, ils ne participent qu'à faire la fortune des actionnaires et picorent les miettes au passage.

Parmi les artifices permettant d'éluder des questions inadaptées, la direction des ressources humaines a développé deux stratégies imparables consistant tantôt à considérer que ladite question est du ressort du comité d'entreprise, tantôt du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail. Ainsi, de nombreuses questions retransmises en comité d'entreprise ne sont que rarement transcrites, que ce soit dans le document écrit des délégués du personnel ou le compte rendu du comité d'entreprise. Ni vu, ni connu, les réponses sont dévoyées au grand dam des salariés. De même, les questions du ressort du CHSCT n'y sont simplement jamais abordées. Rien d'étonnant à cela, car le secrétaire zélé, élu dans des conditions rocambolesques, n'a pas pris son mandat pour veiller à la santé des salariés, mais pour veiller au bon ordre des choses dans une entreprise destinée à prospérer. Dans ces conditions, comment obtenir une réponse de la direction lorsque certains représentants se trompent de cible ?

Nous nous arrêterons là devant la longue énumération des anomalies égrenant les questions posées en réunion des délégués du personnel. Nous ne résistons pas cependant à une dernière réponse fournie sur les évaluations annuelles (EDI). De nombreux salariés s'interrogent sur le devenir du document d'évaluation qui ne serait pas encore parvenu à la direction des ressources humaines. Ne sachant que répondre, la direction des ressources humaines affirme ne pas pouvoir comptabiliser des documents qui ne lui sont pas encore parvenus... Ah bon ? Sur le total des salariés reçus en entretiens d'évaluation, il n'est donc pas possible de déduire ceux qui n'ont pas été retournés ? La direction des ressources humaines doit se démener avec bien des problèmes cornéliens. Nous lui souhaitons bonne chance le jour où il faudra faire face à de véritables problèmes, d'ordre sociaux ceux-là. Nous n'en sommes peut-être pas très loin, continuez dans cette voie...

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