La loi au service des salariés
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- Publié le mercredi 5 octobre 2011 21:20
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L'employeur dispose dans son entreprise d'un pouvoir de direction qui peut prendre des dimensions démesurées et dont nous pouvons alors constater les ravages. Pour faire face aux débordements et rééquilibrer un pouvoir que certains dirigeants se plaisent à définir comme régalien, le législateur a estimé qu'il était nécessaire de poser des règles strictes. Ces règles, clairement énoncées dans le code du travail, constituent un outil de contre-pouvoir important, permettant aux salariés de se réserver une marge suffisante pour ne pas avoir à subir des situations de profonde injustice. Malheureusement, l'employeur use de toutes les astuces à sa disposition, pour s'opposer à la légitimité de ce contre-pouvoir.
Ainsi, dans un discours toujours teinté de bienveillance, la direction des ressources humaines de VWIS n'hésite pas à vilipender cette tentation incongrue de faire appel à la loi lorsque les intérêts des salariés sont menacés. Toute la communication, visant à démontrer le caractère discutable de régulation du pouvoir de l'employeur, consiste en réalité à faire accepter sa prééminence. Alors, déjà soumis à la pression économique pour sauvegarder leur emploi, les salariés sont souvent tentés d'accepter l'inacceptable : permettre que le pouvoir de direction ne s'exerce sans contrôle du tout.
Mais il y a pire, lorsque, par commodité ou par méconnaissance de leurs droits, les salariés considèrent que l'autorité absolue est affaire exclusive de l'employeur et que son opposition constitue finalement un crime... de lèse-majesté. Alors non seulement le contre-pouvoir légal est dépourvu de toute efficacité, mais il est même ignoré par ceux-là même qui sont soumis à l'emprise despotique. Dans ces conditions, si la vie en entreprise est organisée à la manière d'une monarchie absolue, la démocratie ne s'exerce plus et l'on assiste à une micro-société d'exception, qui s'exprime par des attitudes de courtisanerie et de servilité.
L'exercice de ce contre-pouvoir dans l'entreprise est confié aux syndicats et aux représentants élus. Il appartient dès lors de le faire fonctionner en tenant compte du réajustement nécessaire pour réguler le pouvoir absolu de l'employeur. Cela demande des compétences que les salariés mandatés ou élus ne sont pas forcément prêts ou volontaires à exercer. Ainsi, si des salariés s'assurent l'attachement de leur hiérarchie en courtisant le roi, on peut comprendre à priori qu'il leur semble plus efficace d'agir de la sorte plutôt que de se syndiquer. Mais que des représentants du personnel usent de ces moyens pour, malgré leur protection légale, se parer de la satisfaction de leur direction en rognant sur les demandes légitimes des salariés, nous semble une attitude injustifiable et même condamnable.
A Veolia Water Information Systems, la section syndicale CGT joue pleinement son rôle de contre-pouvoir. Elle parie sur l'efficacité d'une intervention légale pour assurer un minimum de démocratie et veiller aux excès du pouvoir de direction. Nous attirons souvent l'attention de nos lecteurs et, en particulier, des salariés de VWIS sur les dérives légales auxquelles s'abandonne régulièrement la direction. Nous n'hésitons jamais à user des instruments légaux pour parer aux attaques injustes. Mais la quête pour un véritable progrès social en entreprise demande une prise de conscience générale à travers la participation active de tous les salariés. Pour parvenir à des résultats tangibles, nous demandons le soutien de tous les salariés pour garantir une ambition de reconquête de nos avantages sociaux. Il n'est pas inconvenant de s'opposer à la direction en brandissant le code pénal. C'est le propre de notre mission de défendre les intérêts des salariés en nous aidant des moyens légaux.
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