La réduction du temps de travail en débat à VWIS

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logo-rttLes restructurations successives de Veolia Water Information Systems sont à l'origine d'une renégociation nécessaire de l'accord d'entreprise de 2005, relatif à l'aménagement de la réduction du temps de travail. Cet aménagement fait écho à une disposition de la loi dite Aubry 1, qui prévoyait en 1998 la possibilité de négocier les modalités de la réduction du temps de travail, pour les adapter aux situations particulières des entreprises, tout en veillant à satisfaire les aspirations des salariés. Les salariés sont peu informés sur la question du temps de travail. Qu'ils se rassurent, certains représentants du personnel... aussi ! Nous leur offrons la possibilité de se saisir du sujet, afin qu'ils puissent débattre des notions qui risquent de bouleverser leur quotidien.

Une première réunion de négociation a eu lieu à VWIS le 7 octobre 2011. La direction ne dévoile pas ses cartes et préfère évoquer des objectifs flous alors qu'elle reçoit des propositions plus précises de certaines organisations syndicales. S'il s'agit de valoriser les intérêts des salariés, déjà bien mis à mal par des comportements visant à accroître la productivité individuelle, comment interpréter la proposition du délégué syndical UNSA, qui privilégie d'emblée le couple forfait jours / compte épargne temps ? Pourquoi mettre en lumière une disposition de la loi Aubry 2, le forfait jours, alors que ses effets pervers ont été dénoncés dans la presse, dans les médias, sur de nombreux blogs ? De plus, la disposition concerne exclusivement les salariés en modalité 3, ceux dits autonome dans l'accord de branche SYNTEC. Toutes les autres catégories de salariés sont soumises à une durée de travail fixée à 35 heures. Pourquoi cet attachement au forfait jours ?

De même, et nous l'avons déjà évoqué, le compte épargne temps est un dispositif qui ne sert que le patronat. Si ce dernier évoque cet instrument comme moyen de gagner plus pour les salariés qui travaillent plus, pourquoi ne se sert-il pas des dispositifs déjà existants, à savoir l'intéressement ? Nous notons en effet que l'intéressement n'est pas l'instrument favori de la direction de VWIS, pourquoi alors donner l'illusion que le compte épargne temps serait plus favorable ? Nous n'insisterons pas sur les effets pervers du compte épargne temps où le salarié, en mal de pouvoir d'achat, s'évertue à cumuler des heures supplémentaires au détriment de sa santé. Mais nous sommes étonnés que l'idée d'une générosité exceptionnelle puisse avoir un quelconque écho aux yeux de certaines organisations syndicales, alors que cette générosité n'existe pas et n'a jamais existé en négociation annuelle obligatoire. Car en effet, nous considérons que la seule garantie qui vaille pour améliorer durablement le pouvoir d'achat est celle des salaires...

Notre méthode de réflexion est radicalement différente. Nous sommes évidemment opposé à l'accompagnement d'une direction qui ne vise que la productivité au prix le plus bas, c'est-à-dire sans contrepartie valable pour les salariés. Mais il ne s'agit non plus de répondre à cette pression simplement en relevant le curseur des jours de repos, les fameux RTT. La notion de progrès social que nous défendons intègre une philosophie du travail qui considère que le travail ne doit pas être au cœur des préoccupations de la vie des salariés. Un salarié n'est productif qu'à condition de bénéficier d'un équilibre vital qui lui permette d'affronter le travail avec efficacité. Si le travail prend le dessus sur les loisirs et la famille, les salariés se fatigueront vite et ne serviront pas la productivité tant espérée par la direction.

Nous estimons que l'effort à faire, celui d'octroyer plus de temps aux loisirs, sert en même temps les salariés et l'employeur. Nous ferons des propositions innovantes dans ce sens pour améliorer plus encore les capacités d'embauche de VWIS, améliorer la formation et poser les conditions pour permettre un partage des richesses plus équitable, des conditions de travail plus acceptables qui ne font pas obstacle à la demande de productivité. Au contraire, nous estimons qu'une négociation gagnante, c'est-à-dire qui tienne également compte des exigences du salariat, ne peut que bénéficier au projet d'entreprise.


Liens divers :

Editions Tissot - Durée du travail : forfait jours remis en question

Les eaux troubles - Contraintes juridiques du forfait jours

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