Le marteau ne frappe que les clous qui dépassent
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- Publié le dimanche 27 novembre 2011 10:09
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Cette expression populaire illustre bien les craintes des salariés qui n'osent s'engager de peur de dépasser. Ainsi, pour ne pas avoir à s'exposer aux foudres d'une direction rancunière, au mieux, les salariés préfèrent rester à l'ombre, au pire, ils s'engagent en faveur de syndicalistes qui répondent à l'appel de la direction pour une démarche "constructive".
Un tel souhait, formulé par la direction dans un document accompagnant la feuille de paie, pendant la campagne des élections professionnelles à Veolia Water Information Systems, en période de négociations sur l'aménagement de la réduction du temps de travail, constitue un confortable retour d'ascenseur, favorisant activement la liste opposée. Car, cette dernière, sous prétexte de négociations "constructives", évite soigneusement de heurter la direction, par crainte de ne plus pouvoir bénéficier des miettes qu'elle revendique comme des avancées sociales.
Il suffit donc d'accompagner les orientations de la direction lors de négociations aussi importantes que l'égalité professionnelle femmes - hommes, l'emploi des seniors, les négociations annuelles obligatoires, l'aménagement de la réduction du temps de travail, pour obtenir les faveurs de la direction et liquider les voix dissonantes pour n'en faire qu'une bouchée. Ainsi, non seulement la liste opposée reçoit la faveur des salariés abusés, mais elle est assurée de l'appui de la direction dont l'unique intérêt est de se débarrasser des syndicats gênants.
Cette configuration, correspond-elle aux aspirations des salariés pour une amélioration de leur qualité de vie, des salaires plus avantageux, un respect de l'humain au travail ? Il est permis d'en douter, car des victoires solides ne se gagnent pas par le compromis systématique, mais grâce à un contrepoids puissant que les salariés eux-mêmes sont capables d'installer... avec des syndicalistes qui ne refusent ni l'engagement total, ni la confrontation directe avec le pouvoir absolu dans l'entreprise. Les salariés sont donc placés devant un choix important qui parle à leur responsabilité individuelle et collective, leur sens moral, leur combativité, opposés aux sirènes d'une paix sociale fallacieuse, qui consiste à se satisfaire de petits chocolats en fin d'année, à se contenter d'acquis pourtant menacés, à voir ailleurs le moment venu... Gageons que la précarité sociale maquillée d'une façade engageante ne trompe pas les esprits éclairés.
Mais pour être convaincu de son juste choix, il est nécessaire de se rappeler les initiatives malheureuses de la liste opposée : déjà en 2005, l'UNSA a signé un accord sur l'aménagement de la réduction du temps de travail avec une forte réduction des jours de congés RTT (-12 jours) en échange d'un dispositif en faveur de la formation. Ce dispositif n'a malheureusement pas permis de compenser la perte des RTT. L'accord fut déjà une première étape vers la démolition de la réduction du temps de travail. La seconde étape nous arrive droit sur la figure. Non qu'il faille craindre une perte supplémentaire de nos jours de congés RTT dans l'absolu (jours oscillant entre 7 et 12 jours selon les années), mais la liste opposée ne fait aucune autre proposition que celle qui consiste à accepter l'exigence de la direction à imposer plus d'autonomie des salariés. Plus d'autonomie est une expression diplomatique consistant à donner un statut particulier intégrant, certes, une plus grande liberté pour s'organiser, mais cette liberté s'inscrit dans le cadre d'un temps de travail pouvant aller jusqu'à 78 heures hebdomadaire !
Nous assistons donc bien à la démolition des 35 heures et la liste opposée n'y voit que du feu. Dans ces conditions, comment peut-on accepter une telle dégradation des conditions de travail sans se demander si le choix de ladite liste est bien juste ? Le nôtre est radicalement différent. Nous estimons que la situation de l'emploi et de la précarité salariale en France demande à être soutenue par des initiatives qui incitent les entreprises à l'embauche, tout en offrant une meilleure qualité de vie. Nous sommes d'accord pour affirmer que les accords sur la réduction du temps de travail à 35 heures ont manqué leurs objectifs. Nous considérons que les entreprises qui se sont satisfaites de la loi Aubry II n'ont pas réussi à faire aboutir les engagements de cette loi, car son application, trop timide, n'a pas su faire la place qu'elle méritait. Il faut aller plus loin ! A contre-courant de certaines voix de la droite qui prônent l'application d'une loi en faveur de 37 heures, nous estimons qu'il faut réduire davantage le temps de travail.
Nous proposons la semaine de quatre jours "à la carte" selon un modèle appliqué dans de nombreuses entreprises en France, en Allemagne, et qui a contribué à calmer les tensions dans l'entreprise, tout en améliorant la productivité. Il ne s'agit plus d'aménager 35 heures hebdomadaires, mais bien 32 heures. Pierre Larrouturou, économiste réputé pour son engagement en faveur des 32 heures, fait la démonstration des avantages du dispositif pour les salariés, mais aussi pour l'entreprise. Nous sommes bien loin de l'attitude suiviste de la liste opposée...
Les salariés de VWIS ont donc de bonnes raisons pour ne pas accepter la régression sociale proposée par la direction et de le faire savoir lors des élections professionnelles du 8 décembre. S'ils craignent de s'afficher par peur des représailles, qu'ils ne craignent pas de se prononcer en leur âme et conscience, c'est-à-dire, seul, dans l'isoloir, sans subir les menaces de quiconque. Votez pour la liste CGT !
Ecoutez les arguments de Pierre Larrouturou dans notre video...
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