Nager en eaux troubles

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requin-en-eaux-troublesCette expression prend tout son sens chez Veolia Eau, une des quatre divisions du groupe Veolia Environnement. Après une énième réorganisation de son informatique au premier semestre de l'année 2009, les choses ne se passent pas au mieux possible. Les faiblesses du nouveau modèle font apparaître dès les premiers mois des incidents techniques importants, mettant directement en cause la viabilité d'un système imaginé par un génie de l'optimisation.

La filiale informatique GiEau devient CSP SI Groupe et, fier comme Artaban, le président directeur-général de l'ex-GiEau cède le relais à son successeur à CSP SI Groupe, promu directeur général. Ce dernier n'hésite pas à se servir des méthodes de son maître. Il licencie le directeur de l'exploitation et assure l'intérim, en attendant son remplacement.

Sous l'apparence d'un manager humain et compréhensif, il use volontiers de ces méthodes indélicates qui façonnent les grands chefs. Ainsi, c'est au tour du délégué syndical CGT de passer au pilori. Pour des raisons aussi fallacieuses qu'invraisemblables, ce chef ambitieux n'hésite pas à s'aventurer dans les eaux glacées du calcul égoïste en cherchant à le licencier. Son aventure n'a pas obtenu le moindre succès, car, au lieu de se débarrasser d'un obstacle apparemment important, il installe pour longtemps le doute des salariés qui s'interrogent. Le modèle en CSP, pourtant vanté comme un modèle d'avenir au CIGREF, est un échec retentissant.

Ni une, ni deux, forts d'une expérience ratée, mais apparemment indispensable, nos dirigeants reprennent très tôt le flambeau de la réorganisation. Cette fois, on y met le paquet ! On voit les choses en grand, il faut rester sur l'offensive et ne pas s'endormir car la concurrence fait rage.

Concurrence ? Quelle concurrence ? Suez - Lyonnaise des eaux ? SAUR ? Mais non, vous n'y êtes pas ! Les métiers de l'eau n'ont plus la cote, du moins en France où les municipalités n'hésitent plus à rompre leurs contrats de délégation du service public. Car, par un curieux réveil des consciences, non seulement les municipalités se sont aperçues d'un certain nombre de supercheries qui font gonfler la facture, mais ils comprennent bientôt qu'il est possible de s'organiser pour gérer l'eau en toute autonomie. Dès les premières tentatives, les prix baissent, ça marche et les expériences réussies font tâche d'huile.

Puisque la menace pèse désormais sur un marché qui a fait la fortune des dirigeants de Veolia Environnement, la solution retenue pour pérenniser cette manne est l'internationalisation. Eh oui, on vous a bien prévenu : la mondialisation, la fracture sociale... Nous y sommes à deux pieds... avec toutes les conséquences qu'entraîne une telle démarche expansive. Une nouvelle réorganisation est mise sur pied au premier semestre 2011 pour cesser les errements du modèle CSP. Malgré les discours lénifiants pour rassurer des salariés échaudés, la réorganisation est une opération plus importante encore que la précédente, un test grandeur nature permettant de vérifier la résistance au changement. Veolia Water Information Systems (VWIS) est né, au forceps mais sans dumping social... bien sûr. Les propos rassurants ne servent plus. Les malaises se font ressentir dès le projet annoncé.

C'est dans ce contexte difficile que la section syndicale CGT de VWIS s'organise pour améliorer le travail. Malheureusement, angoissés par les initiatives régaliennes de nos virtuoses de la réorganisation, les salariés hésitent à se saisir des propositions de la CGT pour que le travail ne se transforme pas en torture. Nous restons confiants et décelons déjà les premiers signes d'une prise de conscience que nous accompagnerons résolument pour faire progresser les conditions sociales. Il n'y a pas trente-six solutions. Pour résister efficacement, il vaut mieux se syndiquer.

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