Assez de tergiversations ! Grève générale le 27 mai 2010

france-greveLes salariés en ont assez d'être pris pour des imbéciles. Alan Greenspan lui-même, ancien directeur de la réserve fédérale américaine (Fed), n'a pas hésité en 2008 de s'étonner de la part des profits inhabituellement élevée et de la part des salaires inhabituellement basse1. Voilà un sage homme qui pointe du doigt le coeur du problème actuel dans les entreprises. La redistribution des richesses produites est complètement inexistante. Tout pour l'élite, rien pour les salariés !

D'après la commission européenne, la part des salaires dans le produit intérieur brut a baissé depuis vingt ans en France de 9,3 %. Par le gigantisme des sommes en jeu, plus de 100 milliards d'euros, ces 9,3 % devraient s'installer au coeur du débat des retraites. Or, on assiste à l'inverse : un point central de l'économie en est devenu le point aveugle. Le déficit prévisible sur les retraites n'est donc pas une question insoluble, contrairement aux "craintes" de François Fillon. La France dispose de richesses qu'il suffit de redéployer pour garantir le financement des retraites.

Nous le voyons bien, ce n'est pas l'argent qui manque, mais bien la volonté politique d'une redistribution à laquelle renonce le gouvernement. A CSP SI Groupe aussi, il manque clairement la volonté de redistribuer les richesses produites. Le versement pour la seconde année consécutive d'une participation équivalent à environ 2,5 fois le salaire, montre bien que les bénéfices de la société sont particulièrement confortables. Mais cette générosité, contrainte par la loi, ne s'exprime pas de la même manière pour les salaires. Car la maîtrise de la masse salariale est justement un des leviers stratégiques qui permet à nos chers dirigeants de rétribuer grassement les actionnaires.

Ca suffit ! Il est temps maintenant d'exprimer notre mécontentement pour enfin exiger des salaires en rapports avec les profits générés. Le 27 mai 2010, l'intersyndicale composée de la CFDT, la CGT, FSU, Solidaires et UNSA appelle les salariés à cesser le travail. C'est l'occasion d'opposer notre refus de la précarité. Le droit de grève constitue une des dernières armes efficaces pour changer la vie en entreprise. Y renoncer, c'est renoncer à nos derniers espaces de liberté.

 


1 Voir article de François Ruffin au sujet du partage des richesses dans Le Monde diplomatique de janvier 2008.

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