Journée de solidarité : une tromperie à tout va

ferme-lundi-pentecoteSous l'action du gouvernement de Jean-Pierre Rafarin, la journée de solidarité a été instituée par une loi du 30 juin 2004 en réponse à la canicule de l'été 2003 qui a fait plus de 15 000 victimes. L'objectif de cette mesure est de récolter les cotisations patronales afférentes pour les affecter à l'aide aux personnes âgées et aux handicapés. Le salarié n'est pas rémunéré pour cette journée dite fériée, mais non chômée.

Malheureusement, comme pour tant d'autres combines gouvernementales favorables au MEDEF, on apprend aujourd'hui que les sommes récoltées ne servent plus la cause initiale. La présidente de la mission d'enquête sur l'utilisation de cet argent, Laurence Dumont, dénonce son emploi pour combler le déficit de la sécurité sociale. 150 millions d'euros dont les personnes âgées et les handicapés ne verront jamais la couleur. Pascal Champvert, président de l'association des maisons de retraites, est, lui, convaincu que ce sont un milliard d'euros qui ont disparu en faveur des caisses de la sécurité sociale.

Mieux, on avance que le gouvernement serait en train de réfléchir à une deuxième journée de solidarité pour combler les besoins énormes que réclame une cinquième branche de la protection sociale destiné à financer la dépendance.

Les entreprises ne sont pas en reste pour profiter de cette arnaque à dimension nationale. Si elles se prêtent volontiers au jeu consistant à verser 0,3 % de la masse salariale à titre de cotisations, il n'en est pas moins que, les salariés travaillant gratuitement, les généreuses entreprises bénéficient de la force de travail sans devoir rémunérer les salariés. N'est-ce pas là un beau tour de passe-passe ?

Et à CSP SI Groupe ? Une filiale de Veolia Eau, ayant vocation à devenir la référence informatique du groupe Veolia environnement (chiffre d'affaires : 34,6 Mds € en 2009), n'a pas le courage d'exprimer sa générosité salariale en concédant cette journée. Serait-ce trop demander que de cultiver le versant social de l'entreprise en offrant cette journée de "solidarité" ? Apparemment oui. Une telle mesure ne correspond pas au besoin effréné de rentabilité que s'est fixé la direction de CSP SI Groupe. Ne soyons donc étonnés ni de la frilosité de nos dirigeants en matière d'augmentations salariales, ni même en matière de traitement social en général.

A titre d'information, les partenaires sociaux ont commencé les négociations sur un nouvel accord relatif à l'aménagement du temps de travail. Les premiers débats n'augurent rien de bien réjouissant, car la tentation de réduire les acquis dans notre entreprise est apparemment grande...

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