La médecine du travail aux ordres de l'employeur

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gimacOn se confie volontiers à son médecin, même lorsqu'il s'agit du médecin du travail, puisque lui aussi est soumis au secret professionnel. Mais lorsqu'on se figure que ce salarié n'est ni plus ni moins dépendant de la bonne volonté de son mandataire, l'employeur, la perplexité se substitue à la confiance. Car en effet, le médecin du travail est directement rémunéré par l'employeur. Il est donc à son service et prêt à exécuter les moindres souhaits pour poursuivre l'oeuvre d'influence et de conditionnement de l'employeur sur les salariés.

Dans cette situation cocasse, on imagine que la conscience professionnelle du médecin du travail l'emporte sur les exigences de l'employeur rémunérateur. Il n'en est malheureusement rien... en tous cas à CSP SI Groupe. Pour preuve, des habitudes de longues dates qui placent finalement la médecine du travail au rang d'exécutant, à la botte d'une "grande entreprise" : Veolia. Il faut une bonne dose de renoncement de soi pour céder à des relations aussi troubles.

Lorsque la direction impose la convocation d'un salarié auprès du médecin du travail pour vérifier son aptitude au travail, la DRH imprime elle-même ladite convocation avec l'en-tête de la médecine du travail. La rédaction de cette convocation est un chef-d'oeuvre de pression par les termes employés : "En rappelant le caractère obligatoire de cette visite [...] la responsabilité qui incombe à l'employeur [...]. Toute absence non excusée [...] Toute nouvelle convocation suite à cette absence et à votre demande sera facturée en sus." Tout salarié en tremblera et n'hésitera pas à s'exécuter.

Nous avons pu observer une belle coquille dans une de ces convocations qui mets bien en évidence ce mauvais raccourci administratif. Probablement par l'effet d'une précipitation, la DRH a imprimé une de ces convocations sur une feuille vierge avec en en-tête le logo de Veolia. Ainsi, on peut constater que le document de la médecine du travail a été imprimé directement par Veolia, en l'occurrence, la DRH de CSP SI Groupe. Les deux logos, celui de Veolia et celui de la médecine du travail, se confondent sur le même document. Une confusion qui en dit long sur la subordination de la médecine du travail de CSP SI Groupe.

Mais des éléments bien plus troublants confirment ces liens de subordination. Nous posons directement la question à l'une des salariées, médecin du travail, qui n'a aucun scrupule à confirmer que son travail dépend bien du bon vouloir de CSP SI Groupe. "Si l'employeur n'est pas satisfait de mon travail, on peut très bien ne plus me confier les salariés de votre entreprise." Les liens sont si forts que personne ne se rend plus compte de l'anomalie de la situation. Pire, cette même salariée considère que, tout comme les salariés de CSP SI Groupe à l'endroit de leur client, elle se doit de satisfaire les demandes de son client, dans son cas la DRH de CSP SI Groupe. Une conception bien pitoyable de la déontologie.

Cet exemple illustre bien les difficultés auxquelles est exposée toute la profession de la médecine du travail. Le MEDEF et le gouvernement n'ont jamais cessé de peser sur la médecine du travail pour la rendre au service des employeurs, au détriment des salariés. Un collectif lutte activement pour s'opposer à cette situation pernicieuse. N'hésitez pas à le soutenir...

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